ÆVUM
Lore
Ævum - Le Royaume Né du Sang
Le jour où le roi de la Maison Lothbrok tomba, le monde perdit son équilibre.
La bataille de l’An Noir ne fut pas une simple défaite : ce fut un massacre. Entouré par des ennemis sans serment, le roi mourut sous une pluie de lames, tandis que le sol buvait son sang. Lorsque son corps fut ramené au château, la princesse Alicia Stark, sa fille, ne versa aucune larme. Son regard était vide… mais son cœur brûlait d’une haine éternelle.
Et cette nuit-là, elle jura sur la couronne brisée de son père : que le sang appellerait le sang.
À ses côtés se tenait son chef de garde Kal-El Beaufort, ombre fidèle et lame indéfectible. Depuis des années, il protégeait la couronne, et désormais, il protégerait la vengeance. Là où la nouvelle reine avançait, il ouvrait la voie, brisant les rangs ennemis sans jamais détourner les yeux de sa souveraine. Tant qu’il respirerait, aucun mal ne l’atteindrait.
Dans les ruelles sombres du royaume, une autre présence veillait.
La sorcière du village, ignorée de tous, crainte de certains, se faisait discrète. Elle ne portait ni armure ni bannière, mais ses murmures traversaient le vent. Des potions furent préparées en silence, des runes tracées à l’abri des regards, et d’antiques malédictions furent réveillées. Alicia savait une chose : lorsque l’heure viendrait, la sorcière répondrait à son appel.
Puis la reine marcha vers la guerre.
Sous un ciel noirci par la fumée, les Gardiens d'Ævum franchit les frontières de la ville ennemie en bateau. Les portes cédèrent. Les tours s’effondrèrent. La magie de la sorcière, répandit la peur et la folie dans le camp adverse. Les flammes s’élevèrent, guidées par le vent… comme si le monde lui-même avait choisi son camp.
Alicia Stark combattit au cœur du carnage. Son arme chantait à chaque coup, réclamant justice, réclamant vengeance. Autour d’elle, les rues se transformèrent en tombeaux. Nul ne fut épargné. Ce ne fut pas une conquête, mais une extermination.
Quand la bataille prit fin, la ville n’était plus qu’un cratère fumant.
La reine, elle était toujours debout.
Les survivants se retranchèrent dans le château, dernier vestige d’un pouvoir déjà mort. Alicia ordonna le siège, implacable. Puis elle fit porter son message aux souverains ennemis :
“Votre ville est morte. Rejoignez-moi… ou brûlez avec elle.”
Certains plièrent le genou. Les autres disparurent dans les flammes et l’oubli.
Sur ces ruines, la reine proclama un nouveau royaume.
Elle lui donna un nom ancien, gravé dans le sang et la pierre :
ÆVUM
La Cité de l’Éternité.
Un royaume bâti sur la vengeance.
Un trône soutenu par une lame, une ombre et une magie interdite.
Depuis ce jour, on murmure que la reine Alicia Stark de la Maison Lothbrok n’est plus seulement une souveraine… mais une légende vivante.
Et quiconque osera défier Ævum découvrira une vérité simple : Le sang appel le sang.
~ ~
Depuis son installation dans les hautes tours du château, la Reine Alicia Stark de la Maison Lothbrok n’avait plus connu de nuits paisibles. Le sommeil l’emportait toujours au même endroit : devant des portes sans serrure, immenses, lisses, impossibles à forcer. Autour d’elles, des cercles gravés pulsaient d’une lumière mouvante, comme si les symboles respiraient. Au-delà, elle distinguait des silhouettes de mondes suspendus, retenus derrière une barrière invisible.
Et chaque matin, elle s’éveillait avec cette sensation persistante, celle d’avoir effleuré une réalité qui ne relevait pas de la sienne. Ses doigts tremblaient encore, comme s’ils avaient frôlé une pierre trop ancienne pour appartenir à ce siècle.
Les rêves ne lui laissaient pas seulement des images. Ils lui laissaient des mots.
Des mots qui ne naissaient pas dans la langue des hommes. Ils résonnaient en elle comme des échos d’un âge oublié. Elle les murmurait parfois sans s’en rendre compte, dans l’obscurité de sa chambre ou devant l’âtre mourant.
ᛆ~~ᚱC~~ᛡIᚡᚢM ᚡEᛚAᚱᚤᚿ SᛌR~~ᛁᛔ~~Tᛆ ᛔ~~O~~ᚱᛐA ᛍ~~IN~~ᛂ ᛌLᛆ~~ᚡ~~I
Et toujours, revenant comme un battement de cœur obstiné :
ᛆᛂᚡᚢᛉ
Incapable d’ignorer ces fragments, Alicia fit appel à la sorcière du village, Elowen. À la lueur des bougies, elles tracèrent ensemble ces termes sur du parchemin jauni, les comparèrent à d’antiques grimoires et à des alphabets oubliés. Les correspondances étaient troublantes, mais jamais complètes. Chaque réponse ouvrait une nouvelle absence.
La reine finit par l’accepter : ces visions n’étaient pas de simples songes nés de la fatigue ou du deuil. Elles avaient la texture d’un souvenir… ou d’une convocation.
Quelque chose l’appelait.
Et ce quelque chose ne se trouvait pas au-delà des murs du royaume mais en dessous.
Elle percevait une présence. Pas un monstre, pas un esprit. Plutôt une attente. Une tension silencieuse, comme une porte close depuis des siècles qui espérerait entendre à nouveau des pas au-dessus d’elle.
Alors Alicia comprit que la solitude serait son plus grand obstacle.
Elle pouvait manier une lame. Elle pouvait commander une armée. Mais elle ne pouvait déchiffrer seule les mystères d’un monde antérieur aux siens.
Ævum devait vivre.
Sur son ordre, la reconstruction s’accéléra. Les ruelles furent pavées, les tours consolidées. Des messagers parcoururent les terres voisines pour inviter exilés, savants, architectes, mages prudents et aventuriers téméraires. Tous ceux qui cherchaient un refuge ou une seconde chance trouvèrent à Ævum une place à prendre.
Mais derrière cette générosité apparente se cachait une intention plus profonde.
La reine ne cherchait pas seulement à repeupler une cité.
Elle cherchait des esprits capables de comprendre l’incompréhensible.
Des mains capables de tracer les bons symboles.
Des voix assez nombreuses pour réveiller ce qui sommeillait.
Car si les portes existaient vraiment, elles ne s’ouvriraient ni sous les coups d’une épée, ni sous le poids d’une couronne.
Elles exigeraient autre chose.
Et Alicia était prête à bâtir tout un royaume pour le découvrir.